Une vie dans des pages

jeudi 22 juin 2017

"Ne dis rien à papa" François-Xavier Dillard (Belfond)



Un viol. Une famille (quasi) entièrement assassinée sauvagement en Australie. Des médecins tués en France dans des souffrances atroces.

Une base en béton armé !

Pas mal non comme entrée en matière ? Et si on en rajoutait une couche... Un secret de famille gardé précieusement enfoui !

Eh bien voilà, avec tout cela on a des bases en béton armé pour un excellent thriller. Un thriller qui dépote grave. Un thriller qui déchire sa race ! Ce n'est plus un secret pour personne, j'aime fort les thrillers qui "déménagent", eh bien là j'ai été servie ! Grandement servie ! "Ne dis rien à papa": 1 - Sandra: 0 ! Vaincue par KO ! Uppercut sévère et direct au tapis !

Un rythme effréné...

Bon évidemment pour que ça dépote il faut du rythme ! Pas de soucis, on y va pied au plancher ! Dans ce roman à tiroirs où plusieurs histoires s'emmêlent (pour mieux se rejoindre) tout va vite, très vite ! François- Xavier Dillard nous balade dans une danse de mots endiablée. Des mots terrifiants qui vous prennent aux tripes et vous font trembler d'effroi (et d'horreur parfois).

Aucun temps mort. Des chapitres assez courts qui maintiennent le cap de la vitesse. Un train d'enfer qui fait que l'on ne peut lâcher ces pages qui se tournent presque contre votre gré et vous enfoncent peu à peu dans le pire cauchemar que vous puissiez imaginer.

Un thriller psychologique de haut vol...

Ici difficile de parler de suspense intense (encore que la fin est impossible à imaginer). En effet on devine assez rapidement le lien entre les différentes histoires (grâce aux indices distillés par l'auteur, avec une certaine parcimonie malgré tout). Le suspense existe, certes, mais il n'est pas le point le plus fort du récit. Ce roman trouve sa perfection dans le côté psychologique qui va crescendo et dans son issue poignante, diabolique, effrayante. Dans sa narration aussi qui vous glace le sang, vous dresse les cheveux sur la tête, vous fait trembler de bout en bout De la première à la dernière scène...

Claque assurée ! Foncez !



Éditions: Belfond (15 juin 2017)
320 pages
18€50


4ème de couv'

L'instinct maternel est l'arme la plus puissante au monde. Surtout quand on la retourne contre ses propres enfants. 
Quatre jours et quatre nuits se sont écoulés avant que la police ne retrouve la victime dans cette ferme isolée. Quatre jours et quatre nuits de cauchemars, de douleurs et de souffrances, peuplés de cris et de visons imaginaires en face de ce jardin dans lequel elle a été enterrée vivante. 

Sur un autre continent, loin de cet enfer, Fanny vit avec son mari et leurs jumeaux Victor et Arno. Leur existence bien réglée serait parfaite si elle ne percevait pas, au travers des affrontements qui éclatent sans cesse entre ses enfants, chez l'un, une propension à la mélancolie et, chez l'autre un véritable penchant pour le mal. Chaque jour elle se dit qu'elle ne pourra plus supporter une nouvelle crise de violence, ces cris qui la replongent au cœur d'images qu'elle voudrait tant oublier... À n'importe quel prix... 

Et lorsqu'un nouveau voisin s'installe dans la grande maison, elle souhaite offrir le portrait d'une famille parfaite. Mais chaque famille a son secret et le sien est le plus terrible qui puisse exister. 

lundi 19 juin 2017

"Sharko" Franck Thilliez (Fleuve Noir)



Deux ou trois questions à l'auteur me taraudent depuis longtemps, peut-être que si je les pose j'aurais des réponses... Je me jette donc à l'eau: "Monsieur Thilliez, vos nuits se passent comment ? Sereines ? Peuplées de scènes plus horribles les unes que les autres ? Et dans vos journées, les gens ne vous fuient pas trop ? Vous ne leur faites pas trop peur ? Non parce que sérieux, quand on écrit des choses pareilles on doit en faire flipper plus d'un 😛"

Bon, trêve de plaisanterie ! Parlons un peu de ce livre, qui envoie évidemment du lourd, mais avec le Monsieur on a l'habitude maintenant...

Du pur Thilliez comme... Je l'adore !

Cela ne fait aucun doute, avec "Sharko" on se retrouve avec du Thilliez pur et dur (mais rien que le titre le laisser présager !). Si je devais donner une définition de "Thilliez pur et dur" ce serait à peu près ça: de l'hémoglobine (ben là coco tu vas être servi !!!), une intrigue à couper le souffle (pas mieux ! on l'a aussi), une dose de scientifique limite crédible (et pourtant... parce que le Monsieur il sait de quoi il parle et il n'invente pas tout !). 

Mais le "Thiliez pur et dur" c'est aussi et surtout celui qui te met la tête à l'envers, l'estomac en vrac et qui fait de tes nuits de très longs moments de solitude tant tu as du mal à oublier certaines scènes avant de t'endormir !

Et, pour finir, du "Thilliez pur et dur" ce sont des personnages forts, parfaitement campés, des personnages auxquels tu t'attaches même si parfois ils t'effraient un peu.

Eh bien voilà, toute la définition du terme on l'a dans "Sharko", avec la même puissance, la même intensité, que dans "Train d'enfer pour ange rouge", qui restera pour moi l'inoubliable et parfait roman de l'auteur. 

Quand la mort se cache... derrière LE mort...

Je ne vais pas vous paraphraser la 4ème de couverture, il suffit de la lire pour savoir que Lucie tue un homme, que Franck fait tout pour la couvrir, et que c'est là le point de départ d'une enquête éprouvante pour le couple. Une enquête qui va, encore une fois, les mener aux portes de l'enfer.

Parce que derrière ce premier cadavre se cache une sorte de société secrète et parallèle, des gens qui se prennent pour des... Non, je ne dis rien, je ne veux pas déflorer d'intrigue ce serait dommage ! Mais cette enquête est, je vous le promets, extrêmement bien ficelée, les méchants sont on ne peut plus effrayants, et un merveilleux moment de lecture est largement au rendez-vous !

Du sang, toujours du sang, encore du sang...

On le sait, ça saigne dans les livres de Franck Thilliez (qui pour autant ne tombe jamais dans le gore inutile). Mais si cette fois le sang était l'essence même du roman, LA chose qui terrifie ? Et si cette chose remontait bien loin en arrière et pouvait nous faire "flipper grave" ? Eh bien si c'était le cas on serait pas très bien dans nos baskets et... en fermant ce roman on N'EST PAS très bien dans ses baskets, on n'en ressort pas totalement indemne !

Une tension constante. Notre couple fétiche toujours fidèle à lui même, plus fort et plus uni que jamais. Un style parfait. Des rebondissements et une intrigue forte. Voilà ce que nous offre une fois de plus Franck Thilliez ! Du grand art !!!



Editions: Fleuve Noir
576 pages
21€90


4ème de couv'


" Sharko comparait toujours les premiers jours d'une enquête à une partie de chasse.

Ils étaient la meute de chiens stimulés par les cors, qui s'élancent à la poursuite du gibier.
À la différence près que, cette fois, le gibier, c'était eux. "



Eux, c'est Lucie Henebelle et Franck Sharko, flics aux 36 quai des Orfèvres, unis à la ville comme à la scène, parents de deux petits garçons. 
Lucie n'a pas eu le choix : en dehors de toute procédure légale, dans une cave perdue en banlieue sud de Paris, elle a tué un homme. Que Franck ignore pourquoi elle se trouvait là à ce moment précis importe peu : pour protéger Lucie, il a maquillé la scène de crime. Une scène désormais digne d'être confiée au 36, car l'homme abattu n'avait semble-t-il rien d'un citoyen ordinaire et il a fallu lui inventer une mort à sa mesure. 
Lucie, Franck et leur équipe vont donc récupérer l'enquête et s'enfoncer dans les brumes de plus en plus épaisses de la noirceur humaine. Cette enquête autour du meurtre qu'à deux ils ont commis pourrait bien sonner le glas de leur intégrité, de leur équilibre, et souffler comme un château de cartes le fragile édifice qu'ils s'étaient efforcés de bâtir. 

samedi 3 juin 2017

"Malgré elle" David-James Kennedy (Fleuve Noir)



David-James Kennedy fut une révélation avec "Ressacs". Un livre qui m'avait subjuguée, et là il revient en force avec un roman encore plus rythmé, plus abouti et totalement addictif ! Une merveille à l'état pur ! Un bijou du genre ! Bref, une bombe qui vous balance une grosse déflagration en pleine tronche !!!

Ce petit goût acidulé de divine sucrerie laissé par son premier roman m'est revenu avec une saveur encore plus intense, j'ai dévoré "Malgré elle" avec une gourmandise non dissimulée et j'attends déjà avec impatience un troisième opus qui pourrait, pourquoi pas, faire suite à celui-ci...


Quand le passé rejoint le présent ça déménage !

1989. Paris. Un lycée huppé. Une bande de potes. Emma et Tom. Emma et les garçons en général. Une soirée qui vire au cauchemar.
2015. Un appel au secours adressé à Tom. Un mort (enfin un premier mort devrais-je dire). Le cauchemar revient. Différent. Intense. Dangereux. Emma et Tom de nouveau. Une course poursuite qui nous balade dans différents pays. 

Voilà, le décor est posé et à partir de là je vous garantis une intrigue à couper le souffle, un roman que l'on ne peut plus lâcher tant l'intensité et le rythme vous prennent aux tripes. Si j'osais je dirais que c'est un vrai truc de malade ! (Ah oui j'ai osé, je l'ai dit !)

Un pas en avant deux pas en arrière !

Avec "Malgré elle", David-James Kennedy nous propose un intrigue sous forme de jeu de piste (voire presque de jeu de rôle, tant on se met à la place des personnages) qui ressemblerait à "tu avances d'une case et tu recules automatiquement de deux". En effet à chaque fois qu'un élément semble trouver sa place et bien s'imbriquer dans l'intrigue, un autre vient prendre sa place et nous perdre de nouveau, à l'image d'un puzzle monochrome qui semblerait être impossible à reconstituer...

Mais impossible n'est pas français pour un auteur de génie ! Alors ce dernier nous guide pas à pas et retombe systématiquement sur ses pattes pour nous livrer une intrigue insensée mais si crédible à la fois (et par là même diaboliquement effrayante !). Il nous entraîne dans une folie douce à un rythme d'enfer et c'est un bonheur de chaque instant ! Mon cœur a eu quelques loupés (plusieurs symptômes m'ont parfois laissé croire à la crise cardiaque imminente), mais j'ai tenu le choc: juste pour pouvoir aller au bout et comprendre !

Un thriller classique qui tourne à la folie scientifique !


C'est par une trame classique que l'auteur démarre son œuvre, mais il la tisse avec une minutie extrême et la fait évoluer peu à peu vers un thriller scientifique complexe. Complexe certes, mais largement abordable grâce à une plume précise, efficace et d'une grande clarté. Un vrai magicien des mots livrant un récit  qui va de rebondissements surprenants en rebondissements encore plus surprenants. 

Quand un passé relativement simple (mais flou) rejoint un présent empli de machinations diaboliques, on se retrouve avec un roman magistral dans les mains. Un thriller captivant qui puise sa force et son intensité dans des ramifications scientifiques effrayantes. Une intrigue fouillée et si prenante que je vous conseille de l'aborder en vacances (ou de demander des RTT à votre patron) car vous ne le lâcherez pas d'un iota jusqu'au mot fin !

ENORMISSIME ! (Oui je sais, ce mot n'existe pas mais je l'invente juste pour "Malgré elle" parce qu'il le mérite !)




Editions: Fleuve Noir
576 pages
20€50

4ème de couv'


Paris, 1989. Au très chic lycée Henri-IV, les réputations se font et se défont. La magnétique Emma n'a pas conscience du pouvoir d'attraction qu'elle exerce sur les garçons. Yann. Arno. Manu... La liste de ses prétendants est longue. Mais c'est en Tom, ado solaire fou de sensations fortes, qu'elle a trouvé un alter ego. Lui qui la connaît si bien. 


Un drame va survenir et assombrir le tableau de cette adolescence parfaite. 

Paris, 2015. Les chemins se sont séparés. Tom est resté ce casse-cou qui faisait tomber les filles, profitant de la revente de sa boîte pour se laisser le temps de vivre. Jusqu'à ce jour où Lukowski, ancien d'Henri-IV envers lequel Tom se sent redevable, laisse deux messages désespérés, l'implorant de le retrouver. 
Une fois sur place, il découvre la dépouille de son vieux camarade, flottant entre les rochers d'une lointaine côte suédoise. À l'intérieur de la maison voisine, un ordinateur portable et, sur l'écran, un défilé de photos accompagnées d'un mail menaçant. Emma ado, Emma adulte, Emma partout, sur chaque prise de vue. Qu'est devenue sa meilleure amie ? Qui était-elle réellement ? Pour qui et pour quoi devraient-ils tous payer après vingt-six ans ? 

jeudi 25 mai 2017

"Tu tueras l'ange" Sandrone Dazieri (Robert Laffont - La Bête Noire



"Tu tueras le père" avait été l'un de mes plus gros coups de coeur de l'année 2015. Me plonger dans cet opus n'en était donc que plus alléchant, mais angoissant aussi: après une telle révélation il fallait que l'auteur soit au minimum aussi "bon" pour ne pas me décevoir... Et au final "Tu tueras l'ange" est différent mais tout aussi excellent !

Une intrigue sur fond d'actualité (ou pas...)

Et si un thriller débutait par un attentat commis dans un train et revendiqué par Daesh ? On dirait juste "ben oui ok mais il ne s'est pas foulé le mec ! L'actualité comme point de départ il a intérêt à assurer après pour nous surprendre !".... Seulement Daesh peut revendiquer un attentat sans en être l'investigateur et là tout se corse ! Du coup on passe très vite de l'horreur au machiavélique, surtout lorsqu'on se surprend à être fascinée par l'auteur de tous ces meurtres qui vont se succéder ! Un ange... réincarnation du diable ? Un ange... vengeur ? Un ange... déchu ?

Partant d'un attentat qui n'en est pas un (enfin pas au sens auquel on l'entend de nos jours), Sandrone Dazieri tisse une trame complexe et une intrigue diabolique qui prend ses ramifications dans les années sombres de la Guerre Froide. Une héroïne semblant venir d'un passé obscure va vite finir par hanter vos nuits...

Complexe et documenté

Certes l'intrigue est complexe, mais elle est si bien menée, amenée et documentée que jamais on ne se sent perdu. Quelques flashback sont là pour nous guider, nous mettre sur la voie de la vérité (ou pas !) et l'auteur nous manipule avec une dextérité impressionnante et un brio phénoménal ! Si l'auteur n'est pas un ange (parce que vu ce qu'il écrit le mot ne lui convient pas !) il est pour le moins un génie, c'est certain !

C'est très simple: une fois que l'on a ouvert ce pavé (environ 600 pages quand même !), on ne peut plus le lâcher !

Un must au niveau des personnages !

Un excellent thriller passe obligatoirement par des personnages forts et là c'est un pur régal ! Retrouver Dante et ses démons, Colomba et sa pugnacité, c'est absolument jubilatoire !

Ce duo de choc, révélé dans "Tu tueras le père", n'a eu de cesse de me ravir une seconde fois. Je ressors de cette lecture époustouflée par la force de l'intrigue et la générosité que l'auteur a su mettre dans la description de ses personnages. La psychologie est traitée avec une minutie chirurgicale et donne une dimension inouïe au récit. Une véritable bombe !

Ça pulse. Ça déménage. Ça envoie du lourd. Tout est présent pour que ce livre soir une réussite absolue ! Sandrone Dazieri est sans conteste une révélation dans le domaine du thriller étranger !

Editions: Robert Laffont
Collection: La Bête Noire
608 pages
21€50




4ème de couv'

La mort rôde, aussi belle que fatale. Serez-vous sa prochaine victime ? 

Lorsque le TGV Milan-Rome arrive à quai, la police fait une macabre découverte : tous les passagers de la classe affaires sont morts.
Si les premiers indices orientent l'enquête vers un attentat, la commissaire adjointe Colomba Caselli, muscles d'acier et âme fragile, a de sérieux doutes. Pour elle, seul Dante Torre, l'" Homme du Silo ", est capable d'y voir clair dans ce brouillard de mensonges et de fausses pistes. Très vite, ils découvrent que ce massacre n'est que l'énième épisode d'une longue série de carnages, sur laquelle plane l'ombre d'une mystérieuse figure féminine. Elle ne laisse aucune trace, juste un nom : Giltiné, l'ange lituanien des morts.
Après le succès de Tu tueras le père, une nouvelle enquête de Colomba Caselli et Dante Torre. 

jeudi 6 avril 2017

Sauvons une librairie !

Sauvons une librairie !!!

Une librairie qui risque de fermer ses portes est une chose qui m'attriste toujours. Pour nous, les amoureux des livres, une librairie c'est EXISTENTIEL. C'est un lieu convivial, un lieu de rencontre, un lieu de culture, un lieu dont on a BESOIN ! 

Aujourd'hui c'est La librairie de Cogolin qui a besoin de nous, de notre mobilisation, de notre soutien ! 

Beaucoup d'auteurs se sont déjà mobilisés: René Manzor et Fabio Mitchelli, mais aussi RJ Ellory, Franck Thilliez, Sire Cédric, Bernard Minier, Sonja Delzongle, Eric Giacometti, Michel Bussi, Laurent Scalese, Jacques Olivier Bosco, Barbara Abel, Ingrid Desjours, Jacques Saussey, Danielle Thiery, Niko Tackian, Sophie Loubière, Armelle Carbonel, Olivier Norek, Nicolas Lebel et tant d'autres... (j'en oublie dans ma liste !)

La cagnottes commence à monter et on a jusqu'au 30/04 pour arriver à réunir la somme de 35000€. C'est FAISABLE !!! 

Alors voilà ce que je vous propose (avec tous mes amis blogueurs): ne likez pas ça ne sert à rien, mais faites leur faire un petit don (en fonction de vos possibilités): symboliquement le prix d'un livre, d'un poche (ou tout autre montant évidemment ! Pas de minimum et pas de maximum non plus 😉). Il est bien évident que nous avons mis la main dans le porte monnaie avant de vous demander de l'aide et on a aussi besoin de vous !!!

Ensemble on peut les sauver ! Une librairie ne PEUT pas mourir, ne DOIT pas mourir !

Je compte sur vous amis lecteurs ! Merci pour eux !

Le lien de la cagnotte c'est ici: 

Et si vous n'aimez pas les paiements internet aucun souci ! Voici l'adresse pour envoyer un chèque:

La librairie de Cogolin
26 rue Gambetta
83310 Cogolin 


N'hésitez pas à regarder cette vidéo de René Manzor parce qu'il explique tout cela bien mieux que moi 😉



mercredi 5 avril 2017

"Récidive" Sonja Delzongle (Denoël)



Hanah Baxter le retour...

Sonja Delzongle c'est une jolie histoire: d'abord une révélation avec "Dust", puis une confirmation avec "Quand la neige danse". Aujourd'hui Sonja c'est un coup de foudre ! Parce que "Récidive" c'est une confirmation de la confirmation: une auteure qu'il ne faut surtout pas lâcher des yeux !

Hanah Baxter...

Si vous ne la connaissez pas encore c'est juste dommage mais pas grave du tout ! On peut très bien aborder ce livre indépendamment des autres (ce qui est malgré tout dommage mais bon, c'est largement jouable !). Si vous ne la connaissez pas donc, vous allez découvrir une héroïne à la fois forte et fragile que vous allez forcément aimer. Cette nana elle est profileuse, borderline, entière, mais surtout rattrapée par son passé ! Imaginez le bidule: son père a tué sa mère quand elle était petite et c'est elle qui l'a dénoncé et fait condamner ! Vingt-cinq ans plus tard il sort de prison avec une seule idée en tête: se venger de sa fille !

Notre héroïne devient donc le personnage central de cette intrigue à vous couper le souffle ! Non contente de mener une enquête sur son propre passé, elle se voit projetée dans une spirale infernale qui pourrait bien la conduire à sa perte...

Quand le passé remonte à la surface...

"Récidive" c'est le thriller hors norme par excellence ! Sa construction inversée en fait une vraie pépite ! Je m'explique: on ne part pas d'un meurtre pour amener un coupable en prison mais de la libération d'un meurtrier qui veut se venger... De là part une intrigue qui mêle passé et présent et la tension psychologique se met peu à peu en place au fur et à mesure que l'on sent Hanah de plus en plus en danger !

Sonja Delzongle joue une fois de plus avec les dates pour nous offrir un roman en deux temps: le présent d'Hanah et le passé (néanmoins proche) de son père avec sa sortie de prison et ses recidives meurtrières. Eh oui, il va recommencer à tuer, mais cette fois il semblerait que son but soit plus précis et qu'il aille bien au delà de la simple volonté de tuer...

De rebondissements en découvertes...

Après deux thrillers "classiques", Sonja Delzongle signe ici un thriller bien plus psychologique mais encore une fois d'une humanité rare !

Du point de vue psychologique on est sur un roman légèrement plus lent que les précédents, mais sans le côté dérangeant des longueurs cependant car le rythme est toujours bien entretenu ! Les rebondissements sont là, semés de ci de là pour jouer avec vos nerfs. L'ambiance est totalement anxiogène du début à la fin, instaurant un malaise qui va s'accentuer au fil des pages. Une fois commencé ce livre est impossible à lâcher ! Un rebondissement central va vous laisser pantois, quant à la fin elle vous déboule dessus façon TGV: aucune chance donc de ressortir indemne ! Pour ma part je l'ai prise en pleine tronche et j'ai eu du mal à me relever !

Je parlais également d'humanité et c'est vraiment le plus de ce livre ! Au delà du thriller Sonja Delzongle aborde un sujet qui reste encore (malheureusement) délicat: l'homosexualité et le regard des autres. Flic et homo serait-il encore incompatible de nos jours ? L'auteure est sacrément "couillue" sur cette action ! Elle ose pointer du doigt ce qui reste un "problème" de nos jours alors que jamais nous n'avons eu autant besoin de tolérance... À méditer quand on lit ces lignes !

Une fois de plus on se retrouve donc avec une bombe dans les mains ! Un plume que je savais magique opère une fois de plus dans un récit d'une densité poussée à son paroxysme. Une merveille à l'état pur !


Editeur: Denoël (6 avril 2017)
416 pages
20€90

4ème de couv'

Entre le père et la fille, l'heure de la vengeance a sonné...
Saint-Malo, hiver 2014. Du haut des remparts, sorti de prison, Erwan Kardec contemple la mer en savourant sa liberté. Il y a trente ans, il a tué sa femme à mains nues, devant leur fille, Hanah. 
Jamais il n’aurait été démasqué si la fillette n’avait eu le courage de le dénoncer. Malade, nourri d'une profonde haine, il n'aura de cesse de la retrouver avant de mourir. 
À New York, au même moment, Hanah qui a appris la libération de l'assassin de sa mère est hantée par le serment qu'il lui a fait de se venger. De cauchemars en insomnies, son angoisse croît de jour en jour. 
Pourquoi a-t-il tué sa mère ? Quand surgira-t-il ? Quels sont ces appels anonymes ?

La confrontation est inévitable.
Quand on est traqué, mieux vaut-il se cacher, ou regarder la mort dans les yeux ?

mercredi 29 mars 2017

"Le jour du chien" Patrick Bauwen (Albin Michel)


Attention !!! Ce roman est une véritable toile d'araignée dont il est impossible de se sortir ! Patrick Bauwen est si méticuleux qu'après seulement quelques pages vous serez considérés comme définitivement perdus (jusqu'à la dernière ligne !). Rien d'autre ne sera possible que de lire et de se laisser ensevelir par les mots de cet auteur de génie...

Une intrigue "aux petits oignons"...

Suivre les (més)aventures de Christian est un véritable plaisir mélé à une torture de chaque instant. Sa femme, Djeen, a été tuée par un psychopathe et, quand elle réapparaît (ou pas) sur une vidéo d'une agression dont il est victime, tout devient cauchemardesque ! Pour Christian et, par ricochet, pour le lecteur ! 

Un véritable mano à mano va se mettre peu à peu en place entre lui et le tueur de sa femme... mais pas que... Et si Djeen était encore en vie ?

Dans cette intrigue diaboliquement bien menée, les rebondissements vont se succéder à une vitesse vertigineuse (comme j'aime !). Ce roman file à la vitesse de l'éclair !

Tout ce que j'aime... 

Rythme effréné. Intrigue parfaite et très bien menée. Personnage central fort et extrêmement bien travaillé par une plume acérée. Tout ce que j'affectionne au plus haut point est présent dans "Le jour du chien".

Et, en prime, il y a le petit plus ! Ce plus qui fait toute la différence entre un bon thriller et ce thriller en particulier: la patte Bauwen ! Cet auteur sait mettre de véritables ambiances anxiogènes dans ses romans en mêlant suspense et tension dans un parfait dosage. Une fois de plus il m'a manipulée et littéralement bluffée. Tout au long de ces pages j'étais une petite marionnette dans les mains d'un parfait marionnettiste. Que du bonheur donc !

Une descente en profondeur...

Non content d'entraîner ses lecteurs dans les bas-fonds de Paris, Patrick Bauwen nous entraîne également dans les profondeurs de l'âme humaine, dans ce qu'il y a de plus noir et de plus obscure chez l'Homme.  Il nous livre une histoire savamment pensée, diaboliquement géniale !

Démêler le vrai du faux (enfin essayer, car il serait présomptueux de penser y arriver...), savoir à quel moment (et à quel point) vous vous faites manipuler, tenter de deviner la fin avant... la fin (et penser maintes fois y être parvenu ! Mais là aussi il serait présomptueux d'y croire !), tout ceci deviendra vos seules préoccupations durant cette lecture ! Préoccupations qui tourneront vite à l'obsession ! Je vous garantis une lecture passionnante ! Du grand art !!!





Éditeur: Albin Michel (mars 2017)
432 pages 
21€50

4ème de couv'

Les ténèbres sont mon domaine. Le métro, ma cité des morts. La souffrance de mes victimes, mon plaisir. Je suis le Chien. Inquisiteur ou Guerrier Saint, comme vous voudrez. Dieu est avec moi. Djeen, je croyais l'avoir tuée. C'était il y a trois ans. Déchiquetée par les roues du métro. Et voilà qu'elle me menace... Je dois la retrouver avant que Kovak ne le fasse. Et ce jour-là signera l'apogée du mal. Sur les traces d'un tueur psychopathe, dans un Paris souterrain plus hallucinant que l'Enfer, le nouveau thriller de Patrick Bauwen, un des maîtres du genre depuis L'Œil de Caine.